J'ai mis quatre ans à comprendre ce que je vends aujourd'hui

En 2015, on m'a envoyée en formation sur la responsabilité sociétale des entreprises. Je n'en ai rien retenu.

Ce n'est qu'après avoir quitté cette entreprise, en 2019, que j'ai repris le sujet par moi-même et compris ce dont il était question. Quatre ans plus tard, donc, et une fois sortie de la pression des chantiers.

J'en ai tiré une conviction qui structure tout mon travail : le problème n'est presque jamais l'ignorance, c'est l'indisponibilité. Un dirigeant qui a des commandes à livrer n'entendra pas un discours sur la durabilité, quelle qu'en soit la qualité. Il entendra ce qui parle de son métier, à un moment où il peut l'écouter.

Vingt ans d'industrie avant de fonder ce cabinet

Je suis née à Beauvais et je n'en suis jamais vraiment partie. Ingénieure mécanique de formation, passée par l'ITII Picardie, j'ai travaillé une vingtaine d'années dans l'industrie de la métallurgie avant de m'installer à mon compte en juin 2019.

Douze de ces années se sont déroulées chez un intégrateur de systèmes de tri, où mon poste a changé plusieurs fois : assistante de chef de projet, puis chef de projet sur des installations représentant plusieurs millions d'euros chacune, puis ingénieure d'études rattachée à la direction commerciale lorsqu'il n'y a plus eu de projets à installer, et enfin planificatrice senior de projets.

Une fonction est restée constante tout du long : la coordination santé-sécurité-environnement pour la France. J'ai également siégé au comité social et économique, ce qui m'a appris à regarder une entreprise depuis un autre endroit que celui du management.

Pendant la période rattachée à la direction commerciale, je concevais techniquement les systèmes et je les chiffrais en réponse aux consultations. Le recueil des besoins du client et la négociation restaient du ressort du responsable commercial du marché concerné. Ce que j'y ai appris est plus étroit, et plus utile qu'il n'y paraît : lire un cahier des charges, concevoir une réponse et la chiffrer. C'est exactement l'exercice auquel se livre une entreprise qui répond à une consultation.

Comme planificatrice, j'intervenais dès la phase de vente. À partir du chiffrage, du dessin technique et de la date à laquelle le client mettait son bâtiment à disposition, je construisais le planning complet du projet, puis je le faisais vivre tout au long du contrat : signature, études, fabrication, approvisionnements, installation, essais, jusqu'à la mise en service définitive du système.

C'est de là que vient une conviction que je répète souvent : la planification est centrale et pourtant négligée. Un planning ne sert pas à prédire, il sert à voir venir. C'est la même logique que celle que je vous propose aujourd'hui : intégrer certains sujets au moment de décider plutôt que de subir, quelques années plus tard, des tensions qu'on aurait pu anticiper.

Ce qui me sert le plus aujourd'hui n'est pas la technique, c'est la position que j'occupais dans la chaîne. Nous décrochions nos marchés par appel d'offres, face à un donneur d'ordre réputé exigeant, dont il fallait satisfaire les demandes. Et dans le même temps, nous posions nos propres exigences à nos sous-traitants : serruriers, monteurs, électriciens, automaticiens.

J'ai donc été des deux côtés de l'exigence. Je sais ce qu'un donneur d'ordre vérifie réellement, et je sais ce que représente une demande qu'on subit sans l'avoir choisie.

Élargir la grille de décision, pas ajouter une contrainte

Quand j'interviens devant de futurs ingénieurs, je leur annonce que je viens leur montrer un autre angle de vue sur leur métier. C'est exactement ce que je fais en entreprise.

Un dirigeant décide déjà tous les jours, en arbitrant entre le coût, le délai et la faisabilité technique. Il le fait bien : c'est son métier. Ce que j'apporte, ce n'est pas une méthode de plus, c'est deux ou trois critères supplémentaires dans une grille qu'il manie déjà — l'impact sur les consommations, l'effet sur les équipes, la conséquence pour ses partenaires.

Les entreprises qui les intègrent au moment de décider ne subissent pas, quelques années plus tard, des tensions qu'elles auraient pu voir venir. C'est un raisonnement d'anticipation, pas un discours moral.

Mes valeurs, pour ce qu'elles valent une fois écrites : proximité, pragmatisme, intégrité. La troisième inclut un engagement précis, celui de vous rendre autonome. Je vous transmets une méthode, je ne cherche pas à m'installer durablement chez vous.

Les limites que je me fixe

  • Je n'interviens pas sur votre métier. J'apporte la responsabilité sociétale, vous restez l'expert de ce que vous fabriquez. Je ne prétendrai jamais connaître vos process mieux que vous.

  • Je ne réalise pas d'audit en mission isolée. L'audit interne fait partie d'un accompagnement sur un référentiel ; il ne se commande pas seul. C'est un choix, pas une incapacité.

  • Je ne rédige pas vos réponses aux appels d'offres. Je vous donne la matière et la méthode.

  • Je n'évalue jamais pour AFNOR une entreprise que j'accompagne. C'est une règle de déontologie et elle ne souffre aucune exception.

  • Je ne prends pas une mission dont je ne réponds pas. Quand une demande sort de mon champ, je le dis et je vous oriente.

Ce que je ne fais pas seule

Un cabinet d'une personne a une limite évidente. J'ai choisi de la traiter en m'entourant plutôt qu'en élargissant artificiellement ce que je prétends couvrir.

Je réponds régulièrement à des consultations en commun avec deux consœurs dont les cabinets travaillent sur des sujets voisins des miens. J'appartiens à une organisation professionnelle régionale de consultants, où je suis engagée depuis plusieurs années et où je trouve des confrères dont je connais le travail. Et je m'appuie sur des partenaires éprouvés pour ce que je ne traite pas moi-même : biodiversité, sécurité au travail, mécénat de compétences, bilan carbone.

Découvrir mon écosystème

Ce qui me permet de dire ce que je dis

Auprès du groupe AFNOR — des rôles distincts, qui ne se croisent jamais sur un même dossier

  • Certifiée ICA Responsabilité Sociétale par AFNOR Certification. C'est la seule de ces lignes qui atteste d'une compétence évaluée par un tiers, et la seule que vous pouvez vérifier vous-même : je figure à l'annuaire public des certifiés.

  • Évaluatrice du label Engagé RSE, sur le référentiel AFAQ 26000, depuis décembre 2021. Je suis référencée par AFNOR Certification pour évaluer des entreprises candidates au label.

  • Membre du réseau des Référents Engagé RSE d'AFNOR Développement. Ce référencement me donne accès aux outils et aux évolutions du référentiel, et m'engage à faire connaître le label. Il n'emporte aucune exclusivité : il ne m'empêche pas de vous accompagner vers un autre référentiel, et je ne parle jamais au nom d'AFNOR.

Dans la normalisation

  • Membre du groupe de travail AFNOR « Développement Durable et Responsabilité Sociétale ».

  • Participante aux travaux de normalisation sur la NF X30-029, qui porte sur l'analyse de matérialité et la priorisation des domaines d'action et des parties prenantes.

En formation — plus de 700 heures dispensées depuis 2021

  • J'interviens auprès d'apprentis ingénieurs, sur le module développement durable de première année. Après un peu plus d'un an de tutorat académique, j'y ai renoncé lorsque je suis devenue formatrice, et ce par souci de déontologie.

  • Je forme pour le compte d'organismes de formation nationaux.

  • J'anime trois ateliers collaboratifs sur le climat et la responsabilité sociétale, dont le jeu de rôle EN-ROADS.

  • Organisme de formation déclaré sous le n° 32 60 03774 60 auprès du préfet des Hauts-de-France.

Dans la profession et sur le territoire

  • Membre du réseau des Experts Agréés Decarbo'Solution®, pour l'accompagnement des entreprises qui réalisent leur bilan d'émissions sur la plateforme.

Le cabinet suit lui-même la démarche qu'il propose. Politique validée, feuille de route établie, plan d'actions et indicateurs en place, et une candidature au label Engagé RSE engagée auprès d'AFNOR.

Voir où nous en sommes

Parce que vous n'allez pas travailler avec un curriculum vitae

Tout ce qui précède dit ce que je sais faire. Ça ne dit pas grand-chose de la personne avec qui vous passerez des journées entières.

Je suis optimiste, plutôt curieuse, et je préfère dire les choses simplement quitte à ce qu'elles soient moins élégantes. Je suis mariée et j'ai trois fils, ce qui occupe le reste. Et je suis née le jour de la Fête du Travail, ça ne s'invente pas !

Et j'assume une forme de paresse : j'optimise à peu près tout ce que je fais pour garder du temps à ce qui compte vraiment. C'est un défaut qui se révèle utile en mission, parce qu'il m'évite de vous vendre de la complexité. Si une démarche peut tenir en trois réunions plutôt qu'en huit, elle tiendra en trois.

Un accompagnement, ce sont des heures passées ensemble à parler de votre entreprise. Autant que le courant passe. C'est aussi à ça que sert l'échange de vingt minutes : vous vérifiez que ma façon de faire et mes mots vous conviennent. Si ce n'est pas le cas, mieux vaut le savoir tout de suite, et je connais des confrères vers qui vous orienter.

Ce que je fais pour ne pas vous vendre ce que je savais il y a cinq ans

Un dirigeant qui choisit une consultante seule se pose une question qu'il formule rarement : est-ce qu'elle suit encore le sujet ?

Je me suis fixé une règle : m'offrir une formation par an. En 2023, j'ai participé chez AFNOR Compétences à la formation d'auditeur des systèmes de management intégrés — qualité, sécurité, environnement. En 2024, l'éco-conception au CETIM, puis l'habilitation à animer EN-ROADS, la simulation climatique développée par Climate Interactive et le MIT Sloan. Cette année, le MOOC « Biodiversité et entreprises » de la LPO, du MEDEF et de l'Office français de la biodiversité. S'y ajoutent les formations d'animation de chacun des ateliers que je propose, passées avant de les animer.

J'appartiens par ailleurs à des réseaux professionnels et territoriaux dont les réunions m'exposent à des sujets connexes à mon activité, en tant qu'experte mais également en tant que dirigeante : cybersécurité, santé mentale, biodiversité.

Je participe aux travaux de normalisation sur la NF X30-029 : c'est la norme qui encadre l'analyse de matérialité, c'est-à-dire la méthode que je vends.

Vingt minutes, sans engagement

Si vous vous demandez par où commencer, ou si le sujet vous concerne vraiment, c'est la façon la plus simple d'en avoir le cœur net. Je ne vends rien pendant cet échange.